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La permaculture: vers un jardin au naturel

Dans l’imaginaire de beaucoup d’entre nous, un « beau » jardin, c’est une pelouse bien verte et fraîchement tondue, de jolies bordures délimitant des espaces bien précis, des buissons bien taillés, plantés dans des parterres sans la moindre mauvaise herbe à l’horizon. C’est beau, c’est vrai. Mais cela va en souvent à l’encontre du comportement inné de la nature. Pourtant, la nature a des ressources incroyables et a notamment une impressionnante capacité à s’auto-organiser et à s’auto-gérer. C’est à partir de ce constat qu’est née la philosophie de la permaculture.

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(c) Fabian Féreaux

Vous avez dit « permaculture »?

La base de la permaculture, c’est observer comment fonctionne le vivant, la vie, et recréer les conditions de la nature. Pourquoi? Parce que la nature possède en elle toutes les ressources nécessaires à son propre épanouissement. Et que se battre contre tout ce qui nous paraît indésirable dans un jardin, c’est se battre contre la nature, et provoquer des déséquilibres en cascade au point de constituer, au final, un jardin totalement artificiel.

En effet, quand on a un jardin, on a tendance à se protéger de tout, ou presque: des limaces qui mangent nos salades, des insectes qui nous importunent pendant nos repas en terrasse, des plantes invasives – qu’on appelle facilement les « mauvaises herbes », sans doute pour se donner bonne conscience lorsqu’on s’attèle à les arracher de nos parterres de fleurs. Ce faisant, on crée des univers totalement déséquilibrés, et on se retrouve face à quelque chose qui est tout sauf un écosystème. 

Le but de la permaculture, c’est précisément de récréer les conditions d’un vrai écosystème, fonctionnant par lui-même, en mode « auto-régulation ». La permaculture, en d’autres mots, c’est une philosophie de vie dans laquelle animaux, insectes, êtres humains, plantes et micro-organismes coexistent en harmonie, dans un environnement autosuffisant. On peut dire que la permaculture, avant d’être une technique, est aussi et surtout une éthique, qui trouve ses racines, simplement, dans le bon sens. C’est aussi une manière de faire qui vise à limiter l’énergie à déployer, en favorisant les interactions positives entre tous les éléments en présence.

 

La permaculture, entre pratique ancestrale et activité « tendance »

 La permaculture se base sur des principes vieux comme le monde, que l’on a peu à peu oubliés, comme par exemple, et en toute simplicité: l’observation de la nature. il y a malgré tout une date, précise, considérée comme étant le début officiel de la permaculture. Cette date, c’est 1978, soit il y a exactement 40 ans.

Cette année-là, deux Australiens participent à l’émergence de la conscience écologiste avec le constat suivant: l’agriculture industrielle menace la biodiversité et la fertilité des sols. Mollison et Holmgren, les deux Australiens en question, publient alors ce qu’on pourrait appeler la « Bible » qui pose les fondements d’une réflexion qui a encore de très nombreux échos aujourd’hui: « Perma-Culture 1: une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles » (que vous pouvez encore acheter ici).

 

La permaculture, élément d’un courant plus large

On l’a bien compris, la permaculture, c’est l’idée que tout est utile à quelque chose ou à quelqu’un. Que rien ne se perd, que tout se transforme. Et que nous aussi, nous faisons partie de ce système.

Plus largement, tous ces paramètres rejoignent l’idée de la « Transition » avec un grand « T ». Les Villes en Transition, finalement, se basent sur les mêmes principes: remettre au centre le lien social, relocaliser les activités, mettre en avant les compétences de chacun pour que tout le monde ait la chance de participer à l’équilibre général.

 

Mon jardin en permaculture: quelques principes

Pour rétablir un équilibre, un éco-système dans son jardin, il y a lieu d’observer quelques principes de base qui permettront à la fois de tendre vers l’autogestion, l’autosuffisance tout en conservant la possibilité de profiter d’un jardin d’agrément.

  • Principe 1: la première chose à faire, c’est observer. Observer son jardin, prendre conscience de différents éléments comme le cycle de l’eau, le cycle solaire, les vents dominants et le type de sol. Cela permettra de déterminer et d’implanter différentes zones dans votre jardin.

 

  • Principe 2: il faut également trouver le moyen d’augmenter les interactions positives entre les espèces. Pour ce faire, il vous faudra peut-être vous documenter quelque peu, par exemple en consultant l’encyclo-ecolo. Vous voulez déjà un petit exemple? Au pied de vos plants de tomates, vous pouvez planter du basilic. Ce basilic va pouvoir pousser tranquillement à l’ombre du plant de tomate. Et en contrepartie, son odeur va éloigner les insectes nuisibles pour les tomates. En unissant le destin de ces deux plantes, vous économisez de l’eau, puisque le basilic pousse à l’ombre, et vous évitez l’usage de pesticides, puisque vos tomates sont naturellement protégées. C’est du win-win à 100%!

 

  • Principe 3: ensuite il est temps de déterminer des zones d’activités bien spécifiques dans votre jardin, afin de se faciliter la vie et simplifiant l’entretien du terrain, tout en économisant de l’énergie. En général, on divisera un jardin en permaculture en 6 zones. La zone 0 correspond à l’habitation; la zone 1 sera caractérisée par une activité humaine plus intensive (potager, serre …), et au plus on s’éloignera de la zone 1, au plus on s’éloignera du lieu d’habitation, jusqu’à arriver, dans la zone 5, à une parcelle de terrain sur laquelle l’activité humaine est quasiment inexistante. Pour plus d’informations au sujet du zonage, cliquez ici!

 

  • Principe 4: enfin, il faudra faire en sorte que chaque élément du système remplisse plusieurs fonctions. Ainsi, si vous optez pour l’installation d’un poulailler, vous verrez vite que les poules sont des êtres multi-fonctions! Elles vous débarrasseront de vos excédents de nourriture, participeront très activement au nettoyage de votre terrain, le fertiliseront par le biais de leurs excréments, et réguleront la présence des insectes. Vue comme ça, la poule, c’est vraiment le couteau suisse de votre jardin!

 

Comment débuter?

Pour (re)créer votre jardin en permaculture, quelques petits conseils s’imposent. La suite viendra au fil des saisons.

  1. Ne pas laisser le sol « nu ». Il faut impérativement le « pailler » pour lui assurer un maximum d’humidité. Le paillage peut être végétal (bois, écorces, herbe …) ou minéral (pierres, ardoises, …), voire même vivant (en plantant des espèces végétales rampantes).
  2. Récupérer et faire circuler l’eau de pluie. Par pitié, n’arrosez pas vos plantes avec de l’eau de ville! L’environnement et votre portefeuille vous diront merci!
  3. Pratiquer des associations positives de plantes. Voir l’exemple ci-dessus avec le plant de tomate et celui de basilic.
  4. Prendre soin du sol et attirer les vers de terre, qui garantissent un sol meuble et en bonne santé.
  5. Faire un compost, naturellement. Rien ne se perd, tout se transforme!

Une fois votre jardin réalisé en permaculture, il prendra soin de lui-même par lui-même. Il ne reste plus qu’à arroser de temps en temps!

3 réflexions au sujet de « La permaculture: vers un jardin au naturel »

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