Food·wellness

Maladie cœliaque, sensibilité au gluten… un article pour en savoir plus

Cela fait quelques années que l’on entend parler autour de nous d’intolérance ou d’allergie au gluten. Le gluten, c’est un mélange de protéines contenues dans certaines céréales comme le blé, l’orge ou le seigle. On en retrouve dans la plupart des farines et par extension dans les pâtes, les produits de boulangerie – pain, biscuits, pâtisseries, crêpes etc.-, ou les céréales pour petits-déjeuners. Mais aussi dans les bières, dans les produits préparés comme les pizzas, quiches, produits panés, certaines soupes ou sauces, et dans les desserts liés avec de la farine de blé. Les charcuteries et autres saucisses sont préparées avec des farines ou de la mie de pain, et font donc également partie des aliments pouvant contenir du gluten. La liste est, vous le voyez, bien longue.

Distinguer la maladie cœliaque de la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC)

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune; j’y reviendrai dans le prochain paragraphe. Si elle se manifeste par les mêmes symptômes, la SGNC ou « sensibilité au gluten non cœliaque » n’est, elle, pas une maladie auto-immune, mais peut résulter de plusieurs mécanismes comme une réaction immunitaire (non auto-immune), une flore intestinale perturbée ou une perméabilité intestinale accrue. La SGNC n’est à vrai dire pas encore très bien comprise et fait l’objet de controverses dans la communauté scientifique. Trois à six pour cent de la population souffriraient de sensibilité au gluten non cœliaque.

La maladie coeliaque: une maladie auto-immune

Dans le cas de la maladie cœliaque, il n’est donc pas totalement correct de parler d’ « intolérance » au gluten, comme nous le faisons souvent. En effet, bien plus qu’une intolérance, il s’agit d’une réaction anormale du système immunitaire. Lors de l’ingestion de gluten, le système immunitaire se retourne en fait contre l’organisme en attaquant la paroi de l’intestin grêle. En résulte une inflammation de l’intestin qui, si elle persiste, peut entraîner des complications non-négligeables. L’intestin peut devenir incapable d’absorber certains nutriments, vitamines ou minéraux et cela peut entraîner une malnutrition dangereuse malgré une alimentation équilibrée.

Il y a de l’hérédité dans l’air

Il semblerait que la dimension héréditaire soit déterminante dans le cas de la maladie cœliaque. Quand un membre de votre famille proche est atteint, il y a 20% de chances pour que vous le soyez également. Cette prédisposition génétique doit néanmoins être combinée à d’autres facteurs pour déclencher la maladie en elle-même. Ceux-ci n’ont pas encore été déterminés avec précision, mais il semblerait que des facteurs environnementaux puissent avoir une influence sur le déclenchement de la maladie: infections intestinales, traumatismes, stress engendré par une opération ou un accouchement… .

Un seul traitement: l’élimination du gluten

Il n’existe pas de traitement médicamenteux qui permettrait d’annihiler la réaction auto-immune impliquée par l’ingestion de gluten. A l’heure actuelle, la suppression pure et simple du gluten de l’alimentation s’impose comme unique solution. Si la diète du gluten n’est pas appliquée chez la personne atteinte de maladie cœliaque, les complications sur la santé peuvent prendre des formes très graves liées, notamment, à la mauvaise absorption des nutriments par l’intestin grêle. On parle notamment de:

  • Malnutrition (en raison de la mauvaise absorption des nutriments dans l’intestin). La malnutrition entraîne fatigue, amaigrissement, faiblesse musculaire et carences.
  • Intolérance au lactose: en raison des dommages à la paroi intestinale, une intolérance au lactose peut survenir. Habituellement, elle disparaît quelque temps après l’adoption d’une diète sans gluten.
  • Anémie: en raison de la mauvaise absorption du fer, les réserves en fer de l’organisme viennent à s’épuiser, causant une anémie.
  • Ostéoporose: la mauvaise absorption du calcium et de la vitamine D entraîne une perte de densité osseuse pouvant mener à l’ostéoporose.

D’autres complications, qui ne sont pas liées à l’atteinte intestinale, peuvent survenir en cas d’intolérance au gluten, sans que le lien soit toujours bien compris. On parle notamment de neuropathie (atteinte des nerfs qui provoque souvent des engourdissements dans les membres, et parfois des migraines, des crises d’épilepsie ou d’autres troubles neurologiques), d’infertilité (le risque serait accru d’environ 12 % et les fausses couches sont également plus fréquentes), d’arthrite (une inflammation des articulations, responsable de douleurs), ou de dermatite herpétiforme (affection de la peau caractérisée par des démangeaisons, une sensation de brûlure et l’apparition de cloques rouges, surtout sur les coudes, les genoux et les fesses). La maladie cœliaque est également associée à un risque augmenté de lymphome intestinal, de cancer de l’intestin et d’autres types de cancers, à long terme.

Prévention?

Il n’y a pas réellement de prévention possible pour éviter la maladie cœliaque. C’est lorsque vous commencez à constater une gêne répétée lors de l’ingestion de pains, quiches, ou autres produits contenant du gluten qu’il faut commencer à s’inquiéter. Il est fortement déconseillé de commencer directement un régime sans gluten avant de consulter un spécialiste. En effet, cela aurait pour résultat de fausser les tests de dépistage. De plus, le régime sans gluten est un régime difficile à suivre, parfois coûteux, et qui implique de prendre de nouvelles habitudes de consommation afin de compenser les pertes en nutriments engendrées par le régime.

Un doute? Consultez!

Le diagnostic est souvent long à établir, notamment parce que les symptômes ne sont pas propres à la maladie cœliaque; il faudra notamment éliminer la possibilité qu’il s’agisse d’un problème digestif comme une maladie inflammatoire de l’intestin ou une intolérance alimentaire. Pour ce faire, le professionnel de la santé établira une marche à suivre en trois temps:

  1. Le test sanguin, qui permet de déterminer le taux de certains anticorps.
  2. Un prélèvement de tissus par biopsie intestinale, qui permet de distinguer si les villosités de l’intestin sont toujours visibles. Dans le cas de la maladie cœliaque, les villosités ont été détruites par le système immunitaire.
  3. La diète sans gluten, qui permet de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

On fait la liste?

Je propose à tous les gens concernés de s’entraider, en commentant cet article avec des bons plans, de bonnes adresses, de bons restos … sans gluten. Merci pour votre participation!

PS: je remercie déjà Marie-Laure qui est coeliaque, et qui m’a entendu dans Tendances Première ce matin. Elle me conseille de relayer l’adresse de L’Atelier d’Elena à Thieu pour leurs produits de boulangerie « topissimes ». Livraison en Belgique par la poste, et « gentillesse rare » au rendez-vous!

PS2: merci également à Bernard qui a réagi sur Facebook pour nous présenter No Gluten Shop, boutique belge en ligne 100% sans gluten qui propose plus de 600 produits, recettes et articles en lien avec le gluten et la maladie cœliaque. Cette start-up vient également d’ouvrir un e-shop pour les professionnels (No Gluten Pro), afin de répondre à la demande croissante des hôtels désireux de proposer des petits-déjeuners sans gluten à leurs clients.

 

 

 

 

 

 

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