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La belle histoire des réseaux sociaux

 

C’est une très sérieuse étude menée au mois de mai dernier qui l’affirme: les réseaux sociaux nuisent à la santé mentale des jeunes. Détérioration de l’image de soi, solitude, dépression, manque de sommeil… l’étude met en avant les effets inquiétants des réseaux sociaux chez les 14-24 ans, dont le nombre souffrant d’anxiété ou de dépression a bondi de 70% en 25 ans.

L’étude a été menée par les chercheurs de la Royal Society for Public Health (RSPH) auprès de 1500 jeunes de 14 à 24 ans. Elle a mis en avant que quatre des cinq réseaux sociaux les plus répandus – Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram – constituent une atteinte au bien-être et à la santé mentale des jeunes utilisateurs. Le cinquième réseau social, Youtube, aurait par contre des effets plus positifs sur les jeunes.

Instagram vs Youtube

Instagram surtout, et Snapchat dans une moindre mesure, sont principalement pointés du doigt en raison de la possible dégradation de l’image de soi que leurs utilisateurs endurent. La directrice de la RSPH, Shirley Cramer, s’explique (dans une interview donnée au Guardian): « Les deux plateformes sont très centrées sur l’image et peuvent susciter un sentiment d’infériorité et d’anxiété sur les jeunes ». Et en dehors des questions d’image de soi, les sondés évoquent aussi régulièrement le harcèlement, les troubles du sommeil, la sensation de solitude et les symptômes de dépression qui seraient favorisés chez certains par l’utilisation des réseaux sociaux.

Toujours selon cette étude, Youtube aurait au contraire un effet positif sur la santé mentale des adolescents parce que la plateforme permettrait notamment à ses utilisateurs de mieux comprendre l’autre, de pouvoir s’exprimer longuement et librement, d’obtenir un soutien et une aide en cas de solitude ou de dépression.

Prendre des mesures?

Sur base de ces résultats, la RSPH souhaiterait que les responsables des réseaux sociaux prennent des mesures pour contribuer à réduire les effets négatifs mentionnés ci-dessus. En mentionnant par exemple si une photo a été retouchée avant d’avoir été postée; en avertissant les internautes qui passent trop de temps ou utilisent trop souvent leur plateforme; en repérant les utilisateurs susceptibles d’être en souffrance psychologique. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’y crois pas trop!

Faux influenceurs, faux profils et achats de likes … la supercherie Instagram

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Et si je n’y crois pas trop, c’est parce que derrière les photos retouchées, les filtres et autres paysages paradisiaques, Instagram est devenu une impressionnante machine à sous. Alors la santé mentale des utilisateurs … . Une agence de marketing appelée Mediakix a très récemment dénoncé le phénomène des faux influenceurs sur Instagram, et mis en lumière à quel point il est facile de se faire passer pour un influenceur, grâce à un doux mélange entre faux comptes et achats de followers. Pas très reluisant.

Mediakix a ainsi créé deux faux comptes, l’un axé sur la mode et l’autre sur les voyages, deux thématiques hyper-bankable sur Instagram. Pour créer du contenu pour le compte « fashion », ils ont organisé une séance photo d’une journée avec une mannequin, et pour le compte « travel », ils ont utilisé exclusivement des photos gratuites disponibles sur Internet (!) et des clichés de jeunes filles blondes, toujours pris de dos. C’est donc vraiment à la portée de tout le monde.

Ensuite, Mediakix a acheté des faux followers. Une pratique apparemment très fréquente sur Instagram, et dont le coût – ridiculement peu élevé – tourne autour des 10$ pour 1000 followers.  En deux mois, les comptes ont récolté respectivement 30.000 et 50 000 followers. Mediakix a consolidé ces deux profils en achetant des likes et des commentaires pour donner l’impression de l’engagement et, très rapidement, s’est retrouvé dans la possibilité de négocier des contrats de parrainage avec des marques via des plateformes dédiées au marketing d’influence. Avec à la clé quatre contrats rémunérés avec des marques!

Du vent!

Via cet exercice, Mediakix a notamment voulu prouver que beaucoup de choses reposent sur du vent quand on parle d’influenceurs et surtout que les faux influenceurs constituent un réel problème pour l’industrie désireuse de générer un réel engagement sur les réseaux sociaux. Quand on sait que le marketing d’influence est évalué à un milliard de dollars, et que ce montant devrait doubler d’ici 2019, il est donc clair et évident que les marques ont tout intérêt à approcher de façon très rigoureuse et avec grande prudence les influenceurs avec lesquels ils comptent travailler.

Une piste pour plus de transparence: les « Belgian Influencers »

Éviter le phénomène des faux influenceurs me paraît relever de l’impossible (ou de l’improbable?). Par contre, fédérer les vrais influenceurs derrière un code d’éthique commun me semble être une réelle bonne idée, au service de la transparence des contenus. Et c’est exactement l’idée qu’ont eue 4 blogueuses belges qui se sont récemment mises ensemble avec pour objectif la création d’un code d’éthique pour les influenceurs belges.

L’idée de base c’est de dire qu’un influenceur, de par son activité, a une responsabilité vis-à-vis de son audience, et qu’il se doit de respecter cette audience en publiant du contenu honnête, transparent et responsable.

Le code d’éthique proposé par ces 4 blogueuses s’articule autour de trois thématiques majeures:

  1. Ethique et intégrité: l’influenceur devra faire preuve de transparence et ne pas publier de contenu trompeur, par exemple en faisant la promotion d’un article qu’il n’a pas essayé ou qu’il n’a pas aimé. Les informations communiquées par l’influenceur devront être vérifiées et citées. Les chiffres d’audience réels seront partagés spontanément et gratuitement.
  2. Contenu: au niveau du contenu, l’idée principale est évidemment de ne pas publier d’éléments dénigrants, choquants, xénophobes, ou a l’encontre de certaines communautés. L’influenceur écrira uniquement à propos d’expériences, de produits ou de découvertes qu’il a réellement effectués, et fera la distinction claire entre les opinions et les faits. Une attention toute particulière sera également apportée au respect du droit d’auteur.
  3. Partenariats: l’influenceur doit rester libre de publier ou non sur un produit reçu ou un service offert. Mais s’il choisit d’en parler, il doit s’engager à préciser de manière claire pour son audience qu’il s’agit d’un cadeau ou d’un service qui a été offert. Dans le cas d’une prestation rémunérée par une marque ou une société, l’influenceur mentionnera de façon non-équivoque que sa publication est sponsorisée.

 

Tous les détails de ce code d’éthique sont disponibles sur le site http://www.belgianinfluencers.be/

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